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Actualité
Date: 23 août 2011
La Sestina créera en septembre son deuxième nouveau programme de l’année à Berne, Neuchâtel, Lausanne et Genève. Intitulé Chasses, canons et autres plaisirs, il sera consacré à la thématique de la chasse et la technique musicale du canon à la fin du Moyen Age et à la Renaissance. On entendra des caccia du Trecento italien et des chansons françaises du XVIe siècle, dont la célèbre Chasse de Clément Janequin. D’autres chansons célébreront les plaisirs de la table. Des pièces sacrées latines traitant de la fuite et de l’exil dévoileront une facette complémentaire de la thématique. Sept chanteurs se produiront, accompagnés d’un luth dans quelques œuvres.
Vous trouverez des informations complètes sur ces concerts à la page Concerts.
Au départ, thématique et technique sont intrinsèquement liées : quoi de plus simple et évocateur pour exprimer la poursuite que d’utiliser une voix qui en reproduit strictement une autre en léger décalage ? Ainsi, dans la première partie du concert, on entendra des caccia de Jacopo da Bologna (1340 – 1386 ?) et Giovanni da Firenze (actif entre 1340 et 1350), qui précisément comportent deux voix canoniques sur trois. Mais, déjà à la fin du Trecento et au début du Quatrocento, la thématique de la chasse peut être indépendante du canon, à témoin Caçando un giorno, madrigal à 2 voix de Johannes Cicconia (v. 1370 – 1412).
Dans une deuxième partie, des pièces sacrées latines du XVIe siècle traitant de la fuite et de l’exil, réel ou « intérieur », élargiront le propos. On entendra le psaume Super flumina Babylonis dans une mise en musique à 5 voix de l’italien Costanzo Festa (v. 1485-90 – 1545), de même que la Première lamentation de Jérémie du Jeudi Saint à 5 voix du franco-flamand Roland de Lassus. A l’instar de la chasse, le canon a lui aussi pris son indépendance, comme on pourra l’entendre par exemple dans l’antienne mariale Alma redemptoris mater à 4 voix graves de Josquin Desprez (v. 1450-5 – 1521), figure centrale de la Renaissance.
Le thème de la chasse apparaîtra à nouveau dans la troisième partie du concert, consacrée au répertoire à nouveau profane de la chanson française du XVe et du XVIe siècle. La célèbre chanson à 4 voix de Clément Janequin (v. 1485 – après 1558) sur le sujet en constituera le cœur. Son charme et son efficacité proviennent tout à la fois des multiples onomatopées qu’elle recèle, de la clarté de son harmonie et de la rapidité virtuose de la déclamation. Pour compléter le tableau, des chansons à boire célébreront les plaisirs de la table, prolongement de ceux de la chasse. Trut avant il faut boire à 3 voix graves de Jean Richafort (v. 1480 – v. 1550) est une des pièces les plus entraînantes du corpus. Des pièces canoniques basées sur des textes aux sujets divers figureront également dans cette dernière partie du concert, afin de poursuivre la visite croisée des facettes du programme : En venant de Lyon à 4 voix de Jean Mouton (avant 1459 – 1522) et Susanne un jour à pas moins de 7 voix de Claude Le Jeune (1528-30 – 1600).
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