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Tomás Luis de Victoria - Premiers motetsCD Disques Office Classique (Fribourg) no 65620, 2006
Interprètes :Cantus : Claire Cuennet, Isaline Dupraz, Clara Meloni, Francesca Puddu. Direction : Adriano Giardina. PrésentationEn 1572, un jeune compositeur espagnol de vingt-quatre ans du nom de Tomás Luis de Victoria, établi à Rome, publie son premier opus : un livre contenant trente-trois motets, chez les fils d'Antonio Gardano à Venise. C'est la première d'une longue liste de publications qui consacreront le compositeur comme un des plus grands maîtres de la polyphonie de la fin de la Renaissance. Cette place lui revient grâce à la qualité exceptionnelle de son oeuvre, composée de messes, de motets et de pièces sacrées liturgiques diverses. Ce premier livre de motets possède une importance particulière pour plusieurs raisons : il contient à peu près la moitié de toute la production de motets de Victoria, c'est ici qu'on trouve quelques-uns des motets à la fois les plus aboutis (déjà !) et les plus célèbres du compositeur, et ils constituent ce que nous pourrions appeler un premier style. Si l'écriture musicale est encore pleinement tributaire du contrepoint renaissant, elle apparaît comme très moderne grâce à une projection rhétorique du texte, réalisée par différents moyens. De plus, une suavité et une plasticité mélodique inégalées confèrent à ces œuvres un pouvoir expressif hors du commun. Enfin, la publication manifeste une unité stylistique exceptionnelle. Ainsi, cette publication est, à notre sens, aussi importante que l'Officium Hebdomadae Sanctae de 1585 ou l'Officium defunctorum de 1605.
Quelques-uns d'entre-eux sont très connus : ainsi O magnum mysterium à 4, ou encore l'Ave Maria à 8. En revanche, d'autres sont rarement interprétés : par exemple O Regem celi à 4 voix aiguës ou Congratulamini mihi, à 6. Pourtant, la valeur de ces deux dernières pièces n'a rien à envier aux deux premières citées L'unité stylistique, que nous avons évoquée plus haut, n'interdit pas la diversité. Dum complerentur à 5 est un motet d'une solennité remarquable, qui contraste avec l'intimité de Ne timeas Maria à 4, par exemple. L'expression très maniérée du motet pour la Passion Vere languores nostros à 4 est à l'opposé du caractère quasi sensuel du motet Quam pulchri sunt, dont le texte est emprunté au Cantique des Cantiques. Et évidemment, les effectifs vocaux différents participent de cette diversité. De plus, toutes les techniques utilisées à cette époque dans la composition du motet sont représentées dans le recueil : si la plupart des pièces développent la technique du contrepoint imitatif libre, d'autres comportent des traits particuliers. Ainsi, O Regem celi à 4 est écrite pour voix aiguës, Gaude Maria virgo à 5 fait entendre un canon à l'unisson, le Salve Regina à 6 contient un cantus firmus et l'Ave Maria à 8 est composée pour double choeur. Par ailleurs, les éditions critiques courantes comportant ce premier livre de motets sont, à notre sens, insatisfaisantes à plusieurs égards. Nous interprétons donc les pièces choisies en utilisant une nouvelle édition établie par nos soins sur la base des sources originales de l'époque. Quinze chanteurs font revivre ces œuvres, soit en formation solistes, soit en formation chorale. |
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