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Les voies de la Polyphonie
Dans ce programme, l'Ensemble La Sestina se propose de
donner environ une heure de musique polyphonique du XVIe siècle entièrement
a cappella. En effet, à l'époque, le chant sans instrument est
une des possibilités d'exécution du répertoire. Le témoignage le
plus célèbre que nous possédons de cette pratique est celui de la
Chapelle Sixtine, où, de façon tout à fait exceptionnelle et
unique pour le XVIe siècle, la polyphonie était toujours
exécutée sans instrument (d'où d'ailleurs l'expression a
cappella, c'est à dire « à la façon de la Chapelle
Sixtine »).
Malgré cette restriction que l'Ensemble s'impose, le programme cherche à
être varié, tant au niveau des oeuvres choisies que des effectifs
vocaux qui leur donnent vie.
On y entend aussi bien des mouvements de messe, des motets que des chansons
françaises. Trois compositeurs sont particulièrement représentés :
Josquin Desprez (v. 1440 - 1521), Tomás Luis de Victoria (1548 -
1611) et Roland de Lassus (1532 - 1594), bien connus des manuels
d'histoire de la musique, mais encore trop peu entendus. Mentionnons,
entre autres, de Josquin l'incroyable motet Praeter rerum seriem
à six voix, où la complexité d'écriture se met directement au service de
l'expression musicale, de Victoria le très connu O magnum mysterium
à 4 voix, et de Lassus le motet Vide homo à 7 voix (!).
Cette oeuvre tient une place tout à fait à part dans l'histoire de la
musique : il s'agit du dernier numéro de la dernière publication, Les
Larmes de St Pierre, du dernier grand polyphoniste flamand de la
Renaissance.
Quelques pièces très connues, comme la chanson Douce
mémoire de Pierre Sandrin, côtoient des oeuvres dormant en
bibliothèque, comme par exemple l'Agnus Dei de la Missa
Ave, virgo sanctissima de Géry de Ghersem.
Les effectifs vocaux vont de l'intimité à une masse vocale déjà
« imposante ». Ainsi, la chanson Comme
un qui prend de Pierre Cléreau est interprétée par trois
chanteuses uniquement. Tandis que le 6e
Psaume de pénitence de Lassus fait, lui, appel à douze chanteurs répartis
en registres.
En fait, l'Ensemble la Sestina donne à entendre son best-of actuel, son
florilège, son top-15, son anthologie (ou ce que vous voudrez) de la
polyphonie du XVIe siècle.
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